Réseaux sociaux et adolescence : et si on arrêtait de choisir entre technophobie et abandon ?
Le pédopsychiatre Pierre Fourneret propose une troisième voie pour accompagner les adolescents dans leur vie numérique : ni diabolisation, ni laisser-faire, mais un dialogue adulte responsable.
Existigo.com
Contributeur Existigo.com
« Les réseaux sociaux sont-ils responsables du mal-être adolescent ? » Cette question, aussi récurrente que stérile, occulte l'essentiel : notre responsabilité d'adultes. Dans une tribune percutante publiée par Le Monde, le pédopsychiatre Pierre Fourneret rappelle une évidence trop souvent oubliée : les outils numériques ne sont ni des boucs émissaires ni des espaces à abandonner aux jeunes.
Ce qui change avec cette approche ? Tout. Au lieu de débats binaires (« faut-il interdire TikTok ? »), Fourneret propose une pédagogie de l'accompagnement. Imaginez des parents qui, plutôt que de confisquer les smartphones, apprennent à leurs enfants à configurer leurs paramètres de confidentialité. Des enseignants qui, plutôt que de bannir les réseaux sociaux de l'école, organisent des ateliers sur la gestion de l'attention. Des plateformes qui, plutôt que de maximiser le temps d'écran, intègrent des garde-fous conçus avec des psychologues.
L'Europe montre déjà la voie avec des initiatives comme le Digital Services Act, qui impose aux plateformes une transparence accrue sur leurs algorithmes. Mais la vraie révolution viendra des outils qui permettent aux familles de reprendre le contrôle - comme ces applications européennes qui transforment le smartphone en allié plutôt qu'en ennemi.
La santé mentale des adolescents mérite mieux que des postures idéologiques. Elle mérite des adultes qui osent s'intéresser à leur univers numérique, sans jugement ni naïveté. Et si la première étape était simplement de leur demander : « Montre-moi ce que tu aimes sur ton téléphone ? »
Source originale
Le Monde – Pixels