Quand l'émotion littéraire devient un choix numérique : et si on osait le label « 100 % humain » ?
Un écrivain français propose un label pour distinguer les œuvres écrites par des humains. Une idée qui pourrait redonner du sens à nos choix culturels dans l'ère de l'IA.
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Et si le prochain livre que vous ouvrez portait fièrement la mention « 100 % humain » ? C'est la proposition audacieuse de Thomas B. Reverdy, écrivain et professeur de lettres, dans une tribune publiée par Le Monde. À l'heure où l'affaire Thélyson Orélien — accusé d'avoir utilisé l'IA pour écrire son roman C'était ça ou mourir — secoue le monde littéraire, Reverdy pose une question essentielle : et si l'émotion artistique méritait d'être protégée comme un choix conscient ?
Son argument est simple, presque évident : « Si j'apprends que c'est une machine qui m'a ému, cette émotion ne m'intéresse plus. » Pas par mépris pour la technologie, mais parce que l'acte de création humaine porte en lui une intention, une fragilité, une histoire qui lui sont propres. Un roman écrit par un algorithme, aussi brillant soit-il, n'a pas vécu les doutes, les ratures, les nuits blanches de son auteur. Il n'a pas été façonné par une vie, des rencontres, des échecs. Et c'est précisément cette imperfection humaine qui fait la beauté de l'art.
La proposition d'un label « 100 % humain » n'est pas une attaque contre l'IA, mais une invitation à choisir son avenir numérique — y compris dans nos loisirs. Imaginez un monde où chaque œuvre, chaque film, chaque chanson afficherait clairement son origine : humaine, assistée par IA, ou entièrement générée par machine. Un monde où le lecteur, le spectateur, l'auditeur pourrait décider en toute transparence ce qu'il souhaite soutenir. Une sorte de RGPD de la création, en somme, où la traçabilité ne serait plus une contrainte, mais un gage de confiance.
Cette idée rejoint une tendance plus large : celle d'une technologie qui nous ressemble. En Europe, des initiatives comme le Cyber Resilience Act ou les labels éthiques pour les outils numériques montrent que la transparence peut devenir un atout, pas une menace. Et si demain, votre bibliothèque idéale était celle où chaque livre porte fièrement son histoire — y compris celle de son auteur ?
Pour aller plus loin, pourquoi ne pas commencer dès aujourd'hui ? La prochaine fois que vous achetez un livre, un disque ou un film, cherchez les mentions d'origine. Soutenez les créateurs qui assument leur humanité. Et si vous utilisez des outils comme Colistor (colistor.com) pour organiser vos projets, pourquoi ne pas y ajouter une étagère « 100 % humain » ? Parce que choisir ses outils, c'est aussi choisir la culture qu'on veut habiter.
Source originale
Le Monde