Existigo est le magazine de Colistor — la plateforme de productivité privée et souveraine, hébergée en Europe. Découvrir Colistor →

Quand le baladeur MP3 devient un acte de résistance douce… et une fête pour les oreilles

Et si le retour des baladeurs audio était bien plus qu'un effet de mode ? Une façon de reprendre le contrôle de sa musique, de sa concentration… et de son plaisir d'écouter.

E

Existigo.com

Contributeur Existigo.com

·
2 min de lecture
· Le Monde – Pixels

Imaginez : un objet qui ne vous espionne pas, ne vous propose pas de playlists « optimisées par l'IA », et ne disparaît pas si votre abonnement expire. Un objet qui, surtout, vous rend maître de votre musique — comme un livre que vous possédez, plutôt qu'un film en streaming que vous « louez ». C'est exactement ce que redécouvrent les nouveaux adeptes des baladeurs MP3, ces petits appareils qui refusent de mourir, comme le raconte une enquête du Monde.

Derrière ce regain d'intérêt, il y a d'abord une lassitude : celle d'une musique devenue trop fluide, trop accessible, trop… désincarnée. Quand tout est disponible en un clic, plus rien n'a de valeur. Les utilisateurs de baladeurs, eux, parlent de « rituel » : choisir un album, le transférer, créer des playlists à la main, comme on compose une étagère de livres. Certains poussent même le plaisir jusqu'à numériser leurs vieux CD ou à acheter des fichiers en haute qualité — une démarche qui rappelle celle des amateurs de vinyle, mais avec la légèreté d'un appareil qui tient dans une poche.

Ce qui est fascinant, c'est que ce choix n'est pas technophobe : c'est un acte de curiosité numérique. Ces utilisateurs ne rejettent pas le streaming, ils en refusent simplement l'hégémonie. Ils veulent pouvoir écouter Dark Side of the Moon sans être interrompus par une pub pour des écouteurs, ou redécouvrir un album de leur adolescence sans que l'algorithme ne leur propose « des titres similaires ». Leur baladeur devient un espace de liberté — un peu comme un carnet Moleskine dans un monde de notes synchronisées.

Et puis, il y a cette dimension presque artisanale : classer ses fichiers, les renommer, les organiser par humeur ou par saison. Certains parlent même de « collection » — un mot qui a presque disparu de notre vocabulaire numérique. Comme si posséder sa musique, au sens littéral, redonnait à l'écoute une dimension presque sacrée.

Si l'idée vous tente, sachez que le marché regorge d'options : des iPod reconditionnés aux lecteurs modernes comme le FiiO M6 ou l'Astell&Kern A&norma SR25, en passant par des solutions libres comme Rockbox, qui permet de customiser son baladeur comme on le ferait avec un PC. Et si vous voulez aller plus loin, des plateformes comme Bandcamp ou Qobuz permettent d'acheter de la musique en haute qualité, sans DRM — une façon de soutenir les artistes tout en constituant une bibliothèque qui vous ressemble.

Au fond, choisir un baladeur, c'est choisir une vie numérique plus lente, plus personnelle, et plus joyeuse. Comme si, dans un monde où tout est optimisé pour capter notre attention, ces petits appareils nous rappelaient qu'écouter de la musique devrait d'abord être un plaisir… et non une course.

Source originale

Le Monde – Pixels