Monique Canto-Sperber : et si l'IA écrivait des livres sans le dire ? Le débat qui secoue l'édition
La philosophe Monique Canto-Sperber propose d'apposer une déclaration d'auteur sur les livres pour distinguer les œuvres humaines de celles générées par IA. Une idée qui redéfinit notre rapport à la création.
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Un livre écrit par une IA, sans que le lecteur en soit informé, est-il une tromperie ? C'est la question que pose Monique Canto-Sperber, philosophe et autrice de La Fin de la culture française, dans une tribune percutante publiée par Le Monde. Pour elle, l'absence de transparence sur l'origine d'un texte revient à « tromper le lecteur sur la nature même de l'écrit », et menace l'économie du secteur éditorial.
Cette réflexion arrive à point nommé, alors que les outils d'IA générative se démocratisent. En Europe, où le RGPD a déjà posé des garde-fous sur l'usage des données, cette proposition pourrait inspirer une régulation plus large. Et si chaque œuvre numérique portait une « étiquette d'origine », comme on le fait pour les produits alimentaires ? Une façon de redonner du sens à la création, et de permettre aux lecteurs de choisir en connaissance de cause.
Cette idée rejoint une tendance plus large : celle d'un numérique où la transparence devient un art de vivre. Des initiatives comme Common Voice — un projet européen de collecte de voix open source — montrent qu'il est possible de concilier innovation et respect des utilisateurs. Et si demain, votre prochain roman préféré affichait fièrement : « Écrit par un humain, avec l'aide d'une IA éthique » ?
Une piste à suivre pour tous ceux qui croient que la technologie doit servir la culture, et non l'inverse.
Source originale
Le Monde