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L’IA dans le contentieux des étrangers : quand la technologie menace les droits humains

Le projet Astrée, une IA destinée à automatiser le traitement des requêtes des personnes étrangères, soulève des questions éthiques majeures. Une tribune dans Le Monde alerte sur les risques d’une justice sans humanité.

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· Le Monde

Imaginez un système où votre demande d’asile, votre recours contre une expulsion ou votre demande de titre de séjour est traitée non pas par un juge, mais par une intelligence artificielle. C’est le projet Astrée, annoncé par l’exécutif français, qui vise à automatiser le contentieux des étrangers. Dans une tribune percutante publiée par Le Monde, Julia Castro John, doctorante en droit public, met en lumière les dangers d’une telle approche.

Le problème n’est pas l’IA en soi, mais son utilisation dans un domaine où les droits fondamentaux sont en jeu. Les requêtes des personnes étrangères sont souvent complexes, chargées d’histoires personnelles, de contextes politiques et de nuances juridiques. Une machine, aussi sophistiquée soit-elle, peut-elle vraiment saisir l’urgence d’une situation humanitaire ? Peut-elle évaluer la crédibilité d’un témoignage ou la légitimité d’une crainte de persécution ? La réponse de la chercheuse est sans appel : non.

Cette initiative interroge aussi notre vision de la justice. En Europe, nous défendons des valeurs de dignité, d’équité et de respect des droits humains. Confier à une IA le sort de vies humaines, c’est prendre le risque de réduire ces valeurs à des algorithmes. C’est aussi envoyer un message inquiétant : celui que certaines populations méritent moins d’attention que d’autres.

Heureusement, des voix s’élèvent pour rappeler que la technologie doit servir l’humain, et non l’inverse. Des alternatives existent, comme l’utilisation de l’IA pour assister les juges sans les remplacer, ou pour accélérer les procédures administratives sans sacrifier la qualité de l’examen. L’Europe a déjà montré la voie avec des cadres éthiques stricts pour l’IA, comme le règlement européen sur l’intelligence artificielle. Il est temps de les appliquer avec rigueur.

Si ce sujet vous touche, plongez dans la tribune de Julia Castro John. Elle nous rappelle que derrière chaque dossier, il y a une personne — et que la justice ne peut pas être une affaire de calculs.

Source originale

Le Monde